Congrès FTQ 2016

À partir de la gauche: Philippe Morin Larocque (délégué 306), Stéphane Simard (vice-président 306), Serge Cadieux (secrétaire général de la FTQ), Daniel Boyer (président de la FTQ), Pascal Nantel (délégué 306)

 

J’ai eu la chance cette année d’assister au 31e congrès de la FTQ (Fédération des Travailleurs du Québec) en compagnie de 4 autres officiers du 306: Sylviane Côté (trésorière), Stéphane Simard (vice-président secteur Longueuil), Christine Maheux (vice-présidente secteur Brossard) et Pascal Nantel (délégué secteur Longueuil).

Le congrès se tenait du 28 novembre au 2 décembre au Palais des Congrès de Montréal. En arrivant sur les lieux, j’ai immédiatement été frappé par la taille de la salle. À l’œil, il devait y avoir environ 1000 sièges pour les délégués en assistance. Sur l’estrade, une grande table pour accommoder les représentants de chaque syndicat, de chaque côté de cette table 2 écrans géants afin que les gens assis plus loin puissent quand même voir ce qui se passe. Les tables étaient divisées en sections réservées pour chacun des différents syndicats présents, environ une trentaine au total. Nous étions évidemment assis dans la section SCFP, sis entre les cols bleus de Montréal (section locale 301), les employés de la RTL (Réseau de Transport de Longueuil – section locale 3333) et les employés de TVA.

Il faut comprendre que la FTQ est le bras « politique » des syndicats, et qu’elle a le mandat de faire valoir les intérêts des travailleuses et des travailleurs auprès des différents paliers de gouvernement. On parle donc de syndicalisme à grande échelle. Le thème cette année était « Dessinons l’avenir ensemble ». Parmi les enjeux discutés étaient les changements climatiques et les inégalités sociales, qui englobent les disparités de revenus, le désengagement gouvernemental, l’inégalité dans l’accès à l’emploi et les paradis fiscaux dont les très riches bénéficient.

Le déroulement du congrès est similaire à une assemblée générale de votre section locale. Des résolutions (au total, près de 110) qui avaient été proposées au Comité des Résolutions sont amenées en plénière pour discussion et vote. Les règles d’assemblée d’usage prévalent. Une dizaine de microphones étaient disposés dans la salle, et ceux qui le désiraient pouvaient s’y rendre afin de prendre la parole et faire valoir leur point de vue, pour un maximum de 3 minutes. À travers les résolutions, il y avait aussi des propositions d’amendements aux statuts qui doivent être votés, des rapports des différents comités et des allocutions de gens de la FTQ ou encore d’invités spéciaux.

Ce fut une semaine haute en émotions fortes, il serait très difficile pour moi de tout raconter ici. Parmi les moments forts qui m’ont marqué, il y a définitivement le vote sur la résolution d’urgence pour demander à la FTQ de faire pression auprès du gouvernement afin d’empêcher la fermeture de la biscuiterie de Mondelez située sur la rue Viau, à Montréal. C’était doublement émouvant d’autant plus que l’annonce fut faite par la compagnie durant la semaine du congrès, et qu’il y avait dans la salle des syndiqués de Mondelez qui s’étaient fait annoncer qu’ils perdraient leur emploi et ce, juste à l’approche des Fêtes. L’élan de solidarité qui a soulevé la salle était franchement impressionnant.

Je ne peux passer sous silence non plus le vote quasi-unanime pour la résolution en faveur de poursuivre la campagne du « Minimum 15$ ». Nous avions eu le mot d’ordre de nous procurer un t-shirt rouge au coût symbolique de 15$ et de tous le porter mercredi. Puis-je vous dire que 800 personnes habillées en rouge, ça détonne! Lorsqu’est venu le temps de passer au vote, plutôt que de lever la main comme d’habitude, le président nous a tous demandé de nous lever afin de démontrer notre solidarité avec le million de travailleuses et travailleurs, majoritairement non-syndiqués, qui gagnent moins de 15$ de l’heure et qui peinent à joindre les 2 bouts bien qu’ils travaillent à temps plein. Les délégués sur place ont clairement démontré qu’en 2016, le syndicalisme c’est beaucoup plus que les revendications des syndiqués pour améliorer leurs propres conditions de travail; c’est maintenant un véhicule de lutte pour la justice sociale qui a pour raison d’être de tirer tous les travailleuses et travailleurs du Québec vers le haut.

Je terminerai en vous parlant de la présentation sur les groupes en conflit (grève). 3 groupes de syndiqués affiliés à la FTQ étaient en conflit de travail au moment où le congrès a eu lieu: le SQUEES 298, qui représente 2 groupes d’employés de résidences privées, une à Québec et une à Drummondville, et UNIFOR 1209, représentant un groupe de travailleurs de la compagnie Delastek, une compagnie spécialisée dans les pièces d’aéronautique située à Trois-Rivières. Dès leur entrée en salle, tous les travailleuses et travailleurs ont eu droit à une ovation debout ponctuée d’applaudissements et de cris d’encouragement qui a duré plusieurs minutes. Le président de chaque groupe est venu au micro pour expliquer les circonstances du conflit de travail. Puis, la salle a fait preuve d’une extrême générosité; les représentants de chaque section locale se sont succédé aux microphones afin de faire des dons en appui aux grévistes. Au total, près de 73 000$ ont été amassés dans l’espace d’environ 30 minutes. Ces argents permettront aux sections locales en grève de poursuivre leur lutte. C’était vraiment touchant de voir des gens d’autant de secteurs distincts (municipal, industriel, transport, communication, construction pour n’en nommer que quelques-uns) mettre leurs différences de côté et s’unir en soutien à des travailleuses et travailleurs en conflit.

J’en étais à mon premier congrès de la FTQ et j’ai vraiment été impressionné par toute la solidarité et l’entraide dont j’ai vu les gens faire preuve durant 5 jours. On entend souvent dire que le syndicalisme est en perte de vitesse au Québec; c’est probablement vrai, mais malgré tout j’ai pu constater qu’il est encore bien vivant, et qu’avec un peu de volonté et d’information, nous pouvons raviver la flamme et construire un Québec meilleur pour toutes les citoyennes et les citoyens!

En terminant, si vous voulez accéder à plus d’informations, de photos, de capsules d’informations ainsi qu’aux bulletins quotidiens publiés par la FTQ, je vous invite à vous rendre à l’adresse du congrès : congres2016.ftq.qc.ca.

 

Philippe Morin Larocque – délégué secteur Longueuil