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Saint-Bruno-de-Montarville, le 28 avril 2015 – Le 1er mai est une date historique et porte l’espoir de millions de travailleuses et travailleurs à travers le monde. Dans certains pays, il est célébré à juste titre et est reconnu comme jour férié, mais ici, en Amérique du Nord, on a plutôt mis l’accent sur la fête du Travail que l’on célèbre le premier lundi de septembre, évitant ainsi de mettre à l’avant-plan celles et ceux qui forment cette force de travail.

 Depuis, le 1er mai porte à bout de bras des batailles hautement symboliques, associé originalement à l’obtention par les mouvements ouvriers de la journée de travail de 8 heures à la fin du 19e siècle.

Aujourd’hui, les syndicats sont confrontés à des réalités dites modernes, plus subtiles, mais tout aussi dommageables à la qualité de votre vie. L’automatisation et la complexité de nos outils de travail détériorant les relations humaines normales de notre milieu, le stress structurel associé à l’informatisation à outrance, la rapidité des communications, la surveillance électronique, les pertes d’emplois associées à la restructuration des milieux de travail, etc., sont des maux avec lesquels nous sommes confrontés jour après jour : la dépression; l’épuisement professionnel; et plus tragiquement, lorsque combinés à des difficultés personnelles particulières, l’ultime conséquence du refuge dans la pensée suicidaire chez certains individus plus fragiles.

Les lois du travail n’ont pas suivi le rythme changeant de nos conditions de travail, elles ne se sont pas adaptées aux changements technologiques. Les syndicats font pression, mais nos gouvernements n’en ont que pour les partisans du libre marché. On a parfois l’impression que les travailleuses et travailleurs se font « bulldozer » dans des tractations, feignant l’amélioration des normes du travail qui finalement se traduisent strictement dans le sens des intérêts des employeurs et du monde des affaires.

Malheureusement, nous subissons actuellement une mouvance historique dans cette volonté de retourner en arrière : lois attaquant nos régimes de retraite, destruction du filet social que nous avons bâti depuis des décennies, utilisation des surplus de la Caisse d’assurance-emploi par le gouvernement fédéral (un autre 2 milliards de $ au dernier budget), compressions dans les services publics en santé et en éducation, lois 10, 20, 28 « dite loi mammouth » et 42 à Québec. L’austérité est devenue une religion. L’emprise de grands médias nous guide dans nos opinions. Les syndicats se sont-ils ajustés, ont-ils pris les bonnes décisions face à cette mouvance? Difficile de porter un jugement, mais nous pouvons agir afin de reprendre notre place, agir autrement, revenir à l’essentiel qui a été à l’origine de la création et l’existence des syndicats et du mouvement ouvrier : servir ses membres et participer à l’amélioration de la qualité de leur vie. Point à la ligne.

L’acharnement contre les syndicats est à la mode, on aimerait que l’on se taise, que l’on entre dans les rangs, que nous abdiquions, que nous ne dérangions pas!   Le bâillon, jamais, pas question.

S’il avait fallu que les femmes se taisent, elles n’auraient sûrement pas obtenu le droit de vote et le droit de se présenter aux élections québécoises, le 25 avril 1940, dont nous soulignons le 75e anniversaire. Bravo.

Lors de mon prochain mot du président, j’aborderai la question que plusieurs membres me posent sur l’état des négociations des cinq (5) régimes de retraite à prestation déterminée en vigueur dans l’agglomération de Longueuil. Elles ont débuté timidement, pour quelques-uns d’entre eux, dans la spirale de la loi 15 (anciennement le projet de loi 3) qui s’attaque à ce que nous avions négocié par le passé.

Je tiens à vous souhaiter un premier mai plein d’espoir, vous encourageant à participer aux activités associées à l’évènement de ce premier mai, et vivement le printemps, enfin!

 

Votre président

 

André Duval